Comme une envie de manger avec vous !

Dans les bras de Mamma

Dans la Famille Cannatella je demande… la Mamma. 19 ans après le Boccaccio, Gino Cannatella décide d’ouvrir un nouveau restaurant à 50 mètres du premier établissement. Un pari osé ? En réalité, la manœuvre est calculée avec la précision d’un horloger suisse. Comme un Neptune coiffé d’une toque, le Boccaccio régnait sur la gastronomie marine. La Villa d’Este allait devenir la reine des trattoriasAux commandes du restaurant, on retrouvera la femme de Gino, la volcanique Gina.

La pizza italienne et artisanale

Avec la Villa d’Este, Gino se rapproche de son Italie natale, un Sud chaud et rassurant. Aux débuts du restaurant, tout se déclinait à la napolitaine. La trattoria familiale a connu les murs en briques rouges, les dessins de la Commedia dell’arte et les ritournelles des images d’Épinal… Si le restaurant a évolué, il reste aujourd’hui le plus « traditionnel » des établissements du groupe, un gage d’hospitalité et de convivialité.

Placé à l’entrée, le four à pizza deviendra la marque de fabrique de la Famille Cannatella. La Villa d’Este propose une cuisine italienne pointue, mais accessible à tous les palais, comme les portefeuilles. Alors que les Français ne connaissaient que les pizzas jaunies au cantal, dont le goût est noyé sous un trop plein de saveurs… Gino importe la pizza napolitaine et certains produits encore jamais vus dans les assiettes, comme la Burrata. La mozzarella, le parmesan, les pâtes fraîches sont encore aujourd’hui, tous faits par des artisans du Sud de l’Italie.

Gina Cannatella, la Mamma de la rue Massena

Étudiant et médecin, avocat et ouvrier… L’ambition du lieu ? Proposer la cuisine la plus fédératrice possible. Service rapide, portions généreuses et goût d’Italie : la formule a pris. Mais pour porter ce projet, il fallait les épaules d’un géant et le tempérament d’un volcan. Gina n’a pas dirigé la Villa d’Este. Elle a fait du restaurant sa deuxième maison.

La Mamma calabraise sera présente à chaque instant. Postée à la même table, elle veillera chaque jour à l’accueil des clients et s’attèlera à la préparation de ses célèbres boulettes de veau sous l’œil des passants. Pour faire plaisir aux habitués, elle pouvait même préparer des plats qui n’étaient pas sur la carte. Mais attention ! Soit vous étiez dans les bons dossiers de Gina Cannatella… soit vous restiez affamés sur le pas de porte. Généreuse et puissante, cette Mamma s’occupait de ses clients comme de ses enfants. Encore aujourd’hui, son tempérament marque les lieux de son empreinte, tout comme les esprits qui ont pu la croiser ou goûter à sa cuisine.

Le goût de la modernité

Pourquoi devoir faire le choix entre le gastronomique et le bon marché ? La Villa d’Este a balayé les certitudes et redessiné la pizza de qualité pour un prix qui surprend encore aujourd’hui sa clientèle. Plus de vingt ans avant l’ouverture du prochain restaurant, Gino affiche déjà son goût pour la modernité et son sens de la réinvention. L’entrepreneur a nourri cette vision : si on ne se remet pas en cause, si on n’évolue pas, si on ne cherche pas à comprendre les envies de la clientèle… On s’éteint. Et avec six restaurants à sa tête, la Famille Cannatella n’a jamais autant brillé qu’ajourd’hui.